Mon travail est basé sur les textes contemporains. La compagnie fonctionne depuis maintenant dix ans en fonction des projets qui surgissent. Des textes qui s’imposent à moi, de manière émotionnelle et pas trop raisonnable (The idea of North de Glenn Gould, La règle du Jeu de Jean Renoir, Souvenirs et solitude de Jean Zay…) ou que L’idée du Nord commande à des auteurs (Denis Lachaud, Pierre Notte bientôt, Sofia Hisborn pour Sfumato, l’art d’effacer les contours).
Je travaille avec les auteur-rice-s sur leurs textes afin d’être sûr de raconter ensemble la même histoire.
Au départ, je suis acteur. J’ai toujours analysé les pièces comme un détective suit son client. Avec méticulosité et en essayant de les comprendre (le tueur fait ça aussi). J’éclairais les textes à partir de leur dimension psychologique. Je me suis parfois senti prisonnier de la vision qu’avaient les metteurs en scène avec lesquels je travaillais.
Depuis la création de L’idée du Nord, je lis toujours les textes avec ce regard d’acteur (et de tueur…) et, directeur artistique, metteur en scène de L’idée du Nord, je peux montrer ce que je comprends des textes : ma vision psychologique des textes construite en trois dimensions.
Un théâtre de chair, où ça crie, ça joue, ça invente. Un théâtre d’émotion, léger comme la plume, sans explications, ni redondance. Un théâtre d’explorations, où le fond l’emportera toujours sur la forme. Un théâtre simple et vrai. Comme dans un rêve.
Voilà mon objectif : des textes qui se jouent comme des rêves. Les actrice-eur-s sont les personnages de ces rêves. Le plateau devient le lieu de la catharsis, de la compensation poétique, de la réminiscence.
C’est cela que j’aimerais continuer à construire dans les années à venir. Des projets comme des rêves, qui racontent le monde, le Temps présent par le biais d’une anecdote.
Sfumato est une fantaisie rêvée autour d’un voyage dans le Temps.
Mise à mort du sentiment amoureux de Pierre Notte sera un cauchemar sans fin dans lequel s’enfonceront deux comédien-ne-s.
Je voudrais raconter le monde en plongeant le plus profond possible à l’intérieur de moi-même.
Raconter le monde en le voyant par le petit bout de ma lorgnette. Chercher et trouver du sens pour raconter des chemins qui tendent vers la lumière.
Avoir une parole contemporaine avec des auteur-trice-s, des acteur-rice-s d’aujourd’hui qui parlent d’aujourd’hui.
Benoit Giros