Une merveilleuse histoire de sexe dégueulasse

de 

  • Pierre Notte

Mise en scène

  • Benoit Giros

Interprétation

  • Benoit Giros
  • et Pierre Notte

Costumes

  • Sarah Leterrier

Scénographie

  • Eric Schoenzetter
  • Benoit Giros

Lumières

  • Natacha Raber

Production

  • Cie L’idée du Nord

Programme Adami Déclencheur

  • Théâtre de la Reine Blanche

Contact

Note d'intention de l'auteur

Deux individus, la cinquantaine, deux hommes, tentent, résignés, d’accepter l’impossibilité du rêve amoureux. Cette lubie, ce leurre, l’aberration culturelle et imposée d’un amour inconditionnel, à la vie à la mort, ce rêve d’enfant.
Ils construisent leur solitude, rejettent l’amour, ils en sont là. Sur les applications de rencontres immédiates, ils tombent l’un sur l’autre. Ils confrontent leur volonté de ne plus jamais avoir affaire à l’amour. ils se contentent de l’expérience. Frôlements, sexe, instantanéité. Consommation, et rien d’autre.

Mais ils construisent, avec le temps, une relation malgré eux qui pourrait ressembler à une histoire d’amour, avec ses rites, ses erreurs, ses peurs, ses pièges. Les sentiments des personnages et des comédiens s’emmêlent, se heurtent, malgré eux. Un quotidien s’impose, et l’amour semble, pour finir, comme inévitable. Et avec l’amour, advient la catastrophe de l’amour, toujours.

Ce sera une farce et un piège, un duo et une lutte, une danse de mort et de vie, une fête aussi, une réponse directe à la pièce Jubiler de Denis Lachaud. Il s’agira de lui adjoindre le deuxième volet d’une sorte de diptyque.

Une merveilleuse histoire de sexe dégueulasse plonge deux individus réfractaires dans les abîmes de la relation à deux, avec dépendance sentimentale et combat pour la liberté, ce travail de titans.

Après Je te pardonne Harvey Weinstein, L’Effort d’être spectateur, Les Couteaux dans le dos, La Nostalgie des blattes ou Moi aussi je suis Catherine Deneuve, j’entreprends pour ma part, pour la première fois, de m’emparer de ce sujet que je n’ai jusqu’ici jamais exploré, l’amour.

Pierre Notte

Premières notes de mise en scène

Tout est danger dans l’univers de Pierre Notte. L’autre, le monde extérieur, mais aussi soi-même. On n’est jamais confortable dans son univers.

La scène sera donc dangereuse. Des objets tomberont des cintres. Des liquides divers goutteront sans cesse sur le plateau. Des couteaux, des aubergines, des bouteilles de chablis et aussi, finalement, des pansements.
On glissera au sol sur des verres cassés et des légumes pourris.
Il faut que le spectateur ressente ce danger, le suive pas à pas comme il suivra pas à pas la rencontre des deux hommes.

Mais aussi tout se révèle sans cesse faux dans l’amour vu par Pierre Notte.
Tout s’effondre, s’ouvre sur un autre abîme caché derrière le premier.
Il faudra donc des faux-murs et des fausses portes. Des décors de pacotille.
Un théâtre en ruines peut-être

D’abord les deux protagonistes se rencontrent au café puis chez eux puis dans des boîtes échangiste puis dans leur intérieur. Leur intérieur. L’ouvrent-ils à l’autre? C’est toute la question. Tout est mouvant tout le temps. Tout est sans cesse remis en question. Le lieu n’est jamais le même.
La pièce est une énigme. Comment s’aiment-ils? Pourquoi restent-ils ensemble?
Qu’est-ce qui les retient? L’habitude, la haine, le sexe, le travail?
Derrière quelle folie se cache l’amour entre ces deux-là?
Est-ce que le théâtre ne serait pas l’ultime vérité?
Celle qui permet à deux êtres qui se cachent, ont peur et que rien ne rassemble de se rencontrer dans leur nudité, leur vérité?

Benoit Giros